Les ruchers du Havre

Ces dernière années, on voit fleurer dans les villes, et notamment au Havre, des ruches bourdonnantes d’abeilles, soigneusement entretenues par des apiculteurs. Effet de mode, ou véritable tentative de sensibilisation à la cause des abeilles?… Pourquoi des ruches en milieu urbain?
Ruches Havre

Des insectes au rôle essentiel

L’abeille participe à la pollinisation de 80% des espèces de plantes à fleurs et à fruits de notre planète, soit plus de 200 000 espèces. Elle joue donc un rôle essentiel dans le maintien de notre biodiversité, et assure le renouvellement des végétaux, saison après saison.

L’abeille est donc essentielle à la vie sur Terre! 35% de nos ressources pollinisationalimentaires et 65% de leur diversité dépendent de la pollinisation par les abeilles.

Une abeille peut butiner 700 fleurs en moyenne par jour : c’est l’alliée indispensable de l’agriculteur, notamment pour des cultures comme les arbres fruitiers, les cultures oléagineuses (colza, luzerne…), et certains légumes. Sans parler, bien sûr, de tous les produits de la ruche : miel, cire, gelée royale…

L’abeille aujourd’hui menacée, la biodiversité en danger

Or, ces dernières années, les apiculteurs ont perdu jusqu’à 80% de leurs cheptels, en Europe. Partout sur la Terre, de nombreuses colonies sont frappées par un étrange syndrome : les abeilles, sauvages comme domestiques, ne rejoignent plus leurs ruches, disparaissent (Colony Collapse Disorder).

Certains apiculteurs doivent renoncer à leur activité, et un grand nombre de ruchers ont disparu. Plusieurs raisons à cela : l’utilisation d’antibiotique, qui rend les virus plus résistants à terme ; la monoculture, qui prive les abeilles de la diversité de pollen sont elles ont besoin ; le déplacement stressant des ruches, pour des raisons de rentabilité ; le rythme trop rapide de la production, et l’utilisation de pesticides nocifs – on a découvert jusqu’à 170 produits chimiques différents dans les ruches de colonies malades … Ce qui fait beaucoup pour l’équilibre des insectes, malgré les systèmes ingénieux de défense qu’une ruche est capable de mettre en place pour se protéger.

recolte

On a ainsi pu observer dans les dernières décennies une réelle dégradation en qualité et en quantité des pollens : 2/3 des pollens, abondants il y a à peine 50 ans, ont disparu. Ce déséquilibre se répercute sur la chaîne de la vie. Fragilisée, l’abeille se développe mal, se reproduit mal, sa population diminue, ainsi que la pollinisation… donc les espèces végétales se reproduisent moins, et la biodiversité est menacée.

Un programme de protection de l’abeille

C’est pourquoi la sauvegarde de l’abeille est, pour l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), un enjeu stratégique environnemental et économique qui va bien au-delà du monde des apiculteurs. En France, le déclin brutal des colonies d’abeilles entre1994 et 2004 est à l’origine d’une mobilisation nationale puis européenne sans précédent, auprès du grand public comme des institutions.

ruche dans la villeL’UNAF crée ainsi en 2005 le programme « L’Abeille, sentinelle de l’environnement », qui reçoit le soutien d’une soixantaine de partenaires (villes, entreprises, régions…). Ses objectifs? Répondre à des problématiques sociétales majeures : la disparition des insectes pollinisateurs ; la préservation de la biodiversité ; l’évolution vers une agriculture durable ; la préservation du lien homme-nature et l’information du public.

Notamment, l’UNAF propose d’installer des ruches dans les villes, pour mieux faire connaître leur rôle et développer des colonies : contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’abeille est à l’aise à la ville, où le renouvellement des fleurs est régulier et les pesticides moins présents… Les partenaires engagés dans ce programme s’engagent ainsi à aménager un site spécifique pour les abeilles.

Les ruches du Havre en pleine expansion!

Dès ces campagnes de sensibilisation, il n’est plus rare de voir des ruches citadines. Depuis 2008, 15 ruches municipales ont été installées au Havre dont la toute dernière sur les toits de l’Hôtel de Ville.  Bruno Lapied, apiculteur amateur, a installé le 19 juin un essaim à l’intérieur d’une ruche sur la terrasse du 4ème étage de l’Hôtel de Ville, avec le Ruche au Havreconcours du Pôle Environnement Développement Durable de la Ville du Havre. Il en existe déjà au Parc de Rouelle, aux Jardins Supendus, à la ferme du Moulin à la forêt de Montgeon, au Muséum d’Histoire Naturelle, au parc Hauser, en contrebas du cimetière Corot à Graville et au parking Jean-Jacques Rousseau!

Enfin, que va devenir la production de miel, et cet engagement de la Ville dans l’apiculture va-t-elle se développer? La Mission Agenda 21 de la Ville du Havre répond :

« D’autres à venir seront également installées dans les prochains mois notamment deux ruches supplémentaires sur les toits terrasses de l’Hôtel de ville. La Ville souhaite développer ces installations dont la récolte de miel n’est pas commercialisée mais qui fera l’objet de dégustation dans les écoles lors des interventions du service éco-pédagogie à la rentrée prochaine ».

Une belle initiative à suivre, donc!

http://agenda21-lehavre.blogspot.fr/

 

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